Comment confier un contrat à une IA sans y mettre les données de vos clients ?
En retirant d’abord tout ce qui permet d’identifier les personnes : noms, adresses, numéros. C’est ce que je fais avec Anonym-IA, un outil français que j’utilise depuis juillet 2026 et que je recommande aujourd’hui.
D’où vient le problème ?
J’utilise l’IA de plus en plus dans mon propre travail : analyser un contrat, résumer un long échange d’emails, préparer une réponse. Mais ces documents contiennent des informations sur mes clients : noms, adresses, coordonnées, parfois des données bancaires. Ce sont des données personnelles, protégées par le RGPD.
Les mettre telles quelles dans ChatGPT, Claude ou Gemini, c’est les transmettre à l’entreprise qui fournit l’IA, souvent américaine. Avec un compte personnel gratuit, c’est un risque sérieux au regard du RGPD, et je le déconseille. Avec une offre entreprise et un contrat de sous-traitance, le cadre est meilleur, mais les données quittent quand même votre structure.
Je cherchais donc une solution simple : que l’IA travaille sur mes documents sans recevoir les données de mes clients.
Quelle solution ai-je trouvée ?
J’ai essayé plusieurs outils. Celui qui me convient le mieux est Anonym-IA. Son éditeur le destine d’abord au monde du droit, et cela se voit : il reconnaît plus de 30 types de données, dont des références que les outils généralistes ignorent, comme les numéros RG et Portalis des tribunaux ou les identifiants ECLI des décisions de justice. Il convient pourtant à tous les professionnels qui manipulent des données à protéger, experts-comptables compris. Il lit les PDF, les fichiers Word et Excel, et 13 autres formats.
Le principe est simple. Dans votre document, « Julien Mercier, 8 rue des Lauriers » devient « PN1 NOM1, V1 ». Vous vérifiez le résultat et, si besoin, vous ajoutez ce qui aurait pu être oublié. L’IA travaille ensuite sur cette version, sans les vrais noms. Un clic, et les vraies informations reviennent dans sa réponse.
Une extension pour le navigateur. Anonym-IA existe aussi sous la forme d’un petit module à ajouter à Chrome ou à Edge. C’est la fonction que j’apprécie le plus. Elle fonctionne directement dans ChatGPT, Claude, Gemini et Vibe, l’assistant de Mistral. J’écris ou je colle ma demande sans me soucier des noms de mes clients qu’elle contient : l’extension les remplace automatiquement au moment de l’envoi, pièces jointes comprises. Un bouton les remet ensuite dans la réponse, à l’écran.
Pseudonymiser ou anonymiser : quelle différence ?
Anonym-IA propose les deux. Tout dépend d’une question : aurez-vous besoin de retrouver les vraies informations ?
Pseudonymiser, c’est remplacer chaque nom ou numéro par une balise, en gardant à part la table qui permet de tout restituer. C’est ce que je fais pour analyser un contrat ou préparer un courrier. Le RGPD le précise : des données pseudonymisées restent des données personnelles.
Anonymiser, c’est supprimer ces informations de façon définitive. Le RGPD ne s’applique plus, à une condition stricte : que plus personne ne puisse identifier la personne, par aucun moyen raisonnable.
Où vont les données ?
C’est un point auquel j’attache beaucoup d’importance, parce que la souveraineté numérique me tient à cœur. L’application, la base de données et les documents sont hébergés en France, chez Scaleway. La détection des données dépend du mode choisi : en mode local, elle se fait directement dans votre navigateur ; en mode distant, chez Koyeb, une entreprise française du groupe Mistral AI, dans des centres de données situés dans l’Union européenne. Je trouve rassurant que le traitement des documents reste dans l’Union européenne, et non aux États-Unis.
Pourquoi je le recommande ?
Parce qu’il me permet d’analyser des documents avec l’IA tout en respectant le RGPD. Et cet atout ne concerne pas que les juristes. Toute entreprise qui utilise l’IA manipule des informations à protéger : les données personnelles de ses clients et de ses salariés, mais aussi ses secrets d’affaires et ses informations sensibles. Avec un outil comme celui-ci, l’IA peut travailler sur ces documents sans les recevoir en clair.
À savoir : l’extension est encore en version bêta, et il faut toujours relire le résultat avant l’envoi : aucun outil de détection n’est parfait.
Par transparence : l’éditeur m’a offert un accès gratuit à l’offre Pro. Je ne perçois aucune commission à ce jour.

Sources
- Anonym-IA, page d’accueil, consultée le 24 octobre 2026
- Anonym-IA, « L’extension navigateur », consultée le 24 octobre 2026
- Anonym-IA, « Sous-traitants & transferts », version du 2 septembre 2026 (en cours de mise à jour), et précisions de l’éditeur du 26 octobre 2026
- Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 4, point 5, et considérant 26
- CNIL, « L’anonymisation de données personnelles », 19 mai 2020
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